Voyage en Akashique
Dernière mise à jour : 6 mars 2022

PART 1 C'était un doux soir d'été en Afrique, le soleil venait de s'éteindre et j'entendais la vie de la nuit se mettre en place doucement. J'étais fatiguée et ma journée avait été bouleversante.
Je me demandais d'où pouvait bien venir cet incessant besoin de reconnaissance. Il me rongeait. Je me mettais sans cesse dans l'attente de la validation des autres. Ai-je bien fait? Ai-je dit ce qu'il fallait? Ai-je fait suffisamment? Va-t-on m'apprécier si je pense ça? Va-t-on m'aimer comme je suis? Va-t-on m'apprécier pour ce que je fais? Un vrai méli-mélo dans mon cerveau qui ruinait mes énergies.
Ce soir-là je tombais à genou au pied de mon petit autel, implorant qu'on libère ma tête de ce schéma. L'encens au patchouli embaumait la pièce, et les bols tibétains rythmaient le temps. Un chien aboyait au loin. Les criquets avaient envahi la nuit devenue moite. Une brise légère la rendait magnifique.
Les bols tibétains se sont tus et la bande-son passa, sans que je m'en rende compte, sur une hypnose guidée. Je crois que je suis entrée là en méditation profonde. Au départ, perdue, comme entre deux dimensions… Un vide… Puis une voix douce et féminine me guida. J'observais ma respiration lente, profonde et légère. La voix compta jusqu'à 5 et me demanda de descendre au même rythme les marches qui se trouvaient devant moi. Je m'exécutais. Je flottais déjà. Le décor était doux, bucolique, très calme et rassurant. En dehors du temps et de l'espace, j'arrivais en bas de ce petit escalier où une énorme porte entrouverte laissait passer un filet de lumière.
Je n'ouvrais pas. Je sentais qu'il fallait qu'on m'y invite. Je ne ressentais ni impatience, ni peur quand une magnifique créature ouvrit grand cette porte et me souhaita la bienvenue. Son corps était grand et élancé, couvert d'une tunique blanche. Un corps d'homme, mais une tête animale, coiffée de deux cornes de bouc, enroulées sur son crâne. Elle tenait une lanterne dont la lumière dorée rendait le moment magique. La voix me guidait et me dit que cette créature allait être mon guide pour ce voyage. Elle m'invita à la suivre, ce que je fis sans hésiter.
Ce qui se présentait devant moi semblait unique, lumineux, féérique, merveilleux… Je me souviens de beaucoup de lumière-or, de paillettes comme de la poudre d'or qui flottait dans l'air. Si je pouvais faire une comparaison, je dirais que l'endroit ressemblait à une immense bibliothèque. Pour la première fois de ma vie, j'entendais le mot AKASHIQUE. Tout paraissait bois et or. Des murs entiers recouverts de livres dorés. Un labyrinthe où je m'enfonçais complètement émerveillée avec la créature que je suivais. J'avais l'impression de descendre dans les profondeurs d'une cave mystérieuse. Puis la voix féminine me dit que j'étais arrivée et la belle créature sortit un livre.
Elle savait exactement lequel prendre malgré la quantité incroyable d'ouvrages. Le livre s'est ouvert avec le vent, laissant s'échapper un nuage de poudre d'or. Rien n'y était écrit mais j'ai vu tout d'un coup une scène, une partie de ma vie, ou plutôt une scène d'une de mes vies. Je venais de plonger dans une autre dimension.
PART 2 Attachée à un mur par une chaine, une femme-loup était accroupie dans un lieu sordide. Elle était comme oubliée là. Ses cheveux noirs tellement longs recouvraient son corps nu, sa peau blanche. Quelque chose de douloureux dans mon ventre m'indiqua qu'il s'agissait de moi. J'étais en train de m'observer. J'étais spectatrice de moi-même. Tout d'un coup, Loogan, mon chien, fit partie de la scène et m'apporta une poule qu'il avait attrapée et tuée pour que je puisse manger. C'était une offrande, un sacrifice pour ma propre survie. Moi, enchainée, lui, libre. C'est lui qui prenait soin de moi. D'autres chiens m'aidaient également. Je parlais leur langage. Les hommes m'avaient attachée là il y a longtemps.
J'étais en Afrique… Indéniablement. Je ne saurais dire l'époque, mais une époque où une femme blanche, qui communique avec les animaux, est un démon, une sorcière qu'on n'ose tuer mais qu'on attache et qu'on oublie. Une femme-animale à qui personne ne voulait donner sa reconnaissance… La scène était si forte que je me suis mise à pleurer. Mes émotions étaient confuses. J'éprouvais de l'admiration pour mon chien, de la compassion pour ces hommes-bourreaux, de la tristesse pour cette femme que je semblais tellement avoir été et qui pourtant paraissait heureuse de partager autant avec les animaux. Finalement grâce à eux, et à sa connexion, elle était libre.
A ce moment, une lumière blanche et pure entra dans mon corps par le sommet de mon crâne et me traversa sans aucune résistance. Le grand Pardon m'envahit. Un moment de grâce, de béatitude hors du temps. Puis un souffle puissant, un tourbillon et en un instant je me trouvais projetée hors de ce livre. Je perdis la vision et me retrouvais face à la créature, qui, par sa seule présence m'inspira sérénité et paix.
La voix féminine parla d'intégration, de libération. Je me retrouvais soudainement à l'entrée de cette bibliothèque, toujours accompagnée par la créature qui me fit comprendre que le voyage s'arrêtait là. Je ne ressentais aucune frustration, ni amertume. J'étais en paix.
Guidée par la voix, je remonte les 5 marches et retrouve le flux de ma respiration. Mes yeux s'ouvrent. Le temps s'est enfoncé un peu plus profondément dans la douceur de cette nuit africaine. Le chien n'aboie plus au loin, même la chorale de criquets s'est tu et l'encens patchouli n'est plus qu'une douce effluve. Je suis allongée, là, sur le tapis bogolan, au pied de l'autel, profondément relaxée. Les images de mon voyage tout juste achevé, se bousculent dans ma tête & Loogan est venu me rejoindre. ❤
A suivre (bientôt) PART 3, Compréhesion, l'après Akashique
Caroline M.

Chouette récit, vivement la suite ! Merci pour ce partage , Elie.